étendue, corps, espace. olivier debré et les artistes-architectes

Le trait, la ligne, le mouvement, les gestes qui composent et recomposent pour dessiner une trajectoire, tout dans l’œuvre graphique, picturale et sculptée d’Olivier Debré se rapporte à la notion architecturale de structure.

Lorsque l’artiste construit ses tableaux, il regarde comme un architecte. Cette exposition a comme ambition de rassembler autour de la figure d’Olivier Debré, des créateurs qui, jusqu’à aujourd’hui encore, ont façonné la pensée de leur travail autour de fondements et de principes liés à la discipline de l’architecture.

dates

du 16 octobre 2020
au 30 mai 2021

tarifs et billetterie

Robert Breer :

(1926, Détroit – 2011)

Après des études d’art à l’université de Stanford, Robert Breer débute une carrière de peintre. En 1949, il emménage à Paris et rejoint la galerie Denise René.

En 1952, il réalise son premier film, ce qui l’amène, à partir de 1959, à cesser de peindre et à créer ses premiers mutoscopes. De retour aux Etats-Unis, il s’installe à New York et, à partir de 1965, expose ses sculptures en mouvement à la galerie Bonino. Le prix Max Ernst lui est décerné en 1969, lors du Festival du Film de Oberhausen (Allemagne).

En 1970, il initie et co-réalise avec le groupe E.A.T le pavillon américain Pepsi pour l’Exposition Universelle d’Osaka (Japon).
D’abstraits, ses films deviennent plus éclectiques à partir de 1971, intégrant des images rotoscopées et des photographies.
En 1973, il commence à enseigner le cinéma à Cooper Union, NewYork. Une première Rétrospective lui est consacrée au Whitney Museum en 1980. Un an plus tard, le Film Forum de New York lui passe commande d’une grande peinture murale.

En 1999, ses peintures, films et sculptures sont réunies lors d’une exposition au Staff USA / AC project Room, New York. En 2000, un de ses Floats monumentaux (acquis dés 1971) est présenté lors de l’exposition ‘Useless Science’ dans les jardins du MoMA, New York.

Le Centre Georges Pompidou, Musée National d’Art Moderne le convie en 2001 à une rétrospective de ses films organisée en lien avec son exposition personnelle que lui consacre gb agency, Paris.
Son film ‘Fuji’ entre à la Bibliothèque Nationale du Congrès à Washinghton en 2001. En 2005, le prestigieux prix Stan Brakhage lui est remis à Denver, Colorado.

En 2006, Le Musée d’Annecy lui organise une importante exposition monographique ‘Films, Floats & Panoramas’ accompagnée d’un livre.
Récemment Robert Breer a été présenté lors de l’exposition ‘Le Mouvement des images’ au Musée d’Art Moderne à Paris (2006-2007) et à la Kunshalle de Bâle dans l’exposition ‘Poor Thing’.

Pour l’exposition ‘The Death of the Audience’ à la Sécession de Vienne en 2009, Robert Breer a été invité à réaliser de nouvelles sculptures. Il a créé des murs en mouvements d’exposition.

 

Bernard Calet :

Né en France en 1958

Nourri de références à l’histoire, à la littérature, à la musique, au cinéma, le socle permanent du travail de Bernard Calet se construit à partir de ce qui relève de l’architecture au sens large et comment celle-ci influence nos modes de vie et nos actions. Les questions relatives à l’espace sont constamment interrogées, que ce soit par recours à des jeux de rapports d’échelle, de traduction, de déplacement ou encore de façon conceptuelle par la manipulation des mots et des idées.

Dans ses sculptures et installations, il utilise de façon très subtile les jeux d’ombre et de lumière et les reflets comme des outils du regard, aptes à pénétrer l’espace et à en révéler le volume. Avec un esprit acéré sur les questions d’urbanisme, d’écologie et d’organisation de la vie collective, ses œuvres posent des questions fondamentales sur comment habiter aujourd’hui, sur les relations entre le privé et le public, les rapports entre l’intimité de l’intérieur et le dévoilement de l’extérieur.

Adepte des interventions dans l’espace urbain, il réalise aussi des œuvres en très petits formats qui sont souvent des sortes de miniatures de mondes potentiels à plus grande échelle. C’est ainsi qu’en 2020, durant la période de confinement imposée à une partie de la planète par le virus du covid-19, il conçoit des collages au format à peine plus grand que la carte postale qui associent différentes végétations et éléments d’architecture pour créer, par des effets de superpositions de plans et de perspectives, des espaces fantasmagoriques et illusionnistes.

La maquette occupe une place importante dans le travail de Bernard Calet, le modèle réduit renvoyant autant à la réalité qu’à la fiction. Le changement d’échelle s’avère un outil de l’artiste pour signifier des décalages, des ambiguïtés, des distorsions, autant de phénomènes pouvant intervenir sur un plan physique comme d’un point de vue philosophique et politique à l’échelle d’une société. Avec une sensibilité profondément tournée vers l’homme et son appréhension de l’environnement qui l’entoure, la présence du corps est induite dans la plupart des œuvres de Bernard Calet, que ce soit en tant qu’acteur du dispositif autant que récepteur de sensations.

Extrait de GB agency

voir la page de l’artiste

 

Jean-Louis Chanéac :

Chanéac est une figure majeure de l’architecture prospective des années 1960 et 1970. Il milite à partir de 1958 pour « l’implantation libre de cellules individuelles, évolutives et mobiles », explorant la richesse plastique des formes organiques et aspirant à un habitat pour le plus grand nombre. Il développe le concept d’ « Architecture Industrialisée Poétisée » avec ses Cellules polyvalentes (1958-60) réalisées en matière plastique (polyester renforcé de fibre de verre), juxtaposées et superposées, sans structure porteuse. En 1963, il mène ses premières études sur les Villes cratères, des villes où la banlieue aurait disparue et où les espaces verts seraient sans limites : ces superstructures s’envisagent comme des excroissances dirigées vers le ciel qui permettent de créer des habitations et des bureaux avec des vues dégagées. Au travers du concept d’Architecture Insurrectionnelle et de l’association Habitat évolutif, Chanéac défendra toujours la nécessité de redonner aux individus les moyens d’agir sur leur environnement et d’adapter leur habitat à leurs besoins.
Architecte et peintre, Chanéac (Jean-Louis Rey, 1931-1993) adhère en 1965 au Groupe Internationald’Architecture Prospective (GIAP) fondé à Paris par Michel Ragon. Son manifeste L’Architecture Insurrectionnelle est publié à Bruxelles en 1968. Lauréat en 1969 du Grand Prix International d’Urbanisme et d’Architecture à Cannes, Chanéac participe à partir de 1971 à l’association Habitat évolutif avec Pascal Häusermann et Antti Lovag. En 1976, il réalise sa propre maison à Aix-les-Bains ; il sera l’auteur de nombreuses architectures en Haute-Savoie dans les années 1980 dans une approche régionaliste.

Extrait de la FRAC centre

 

Jordi Colomer :

Dès ses débuts en 1993 avec Alta Comèdia (1993), Colomer mêle travail sculptural, références théâtrales et architecturales. La vidéo deviendra plus tard son médium de prédilection et sa première installation, présentée en 1997 au Musée d’Art Contemporain de Barcelone, s’apparente alors à une sculpture habitable et à une narration cinématographique, principe qu’il développera dans des projets à venir tels que The Little Piano, 1999 ; Les Jumelles, 2000 ou Le Dortoir, 2001. C’est à partir du début des années 2000 qu’il étend ses investigations à l’espace public, aux banlieues, aux rues et aux toits. Les projets Anarchitekton (2002-2004), No? Future! (Nantes, 2004), En la Pampa (Chili, 2008) et The Istanbul Map (2010) proposent des « micro-fictions » tout aussi réalistes qu’étranges. Colomer y interroge le rapport que ses personnages entretiennent avec l’espace construit dans lequel ils déambulent. L’image peut y être saccadée et muette, comme dans les premiers films de l’histoire du cinéma, renforçant de la sorte le caractère artificiel du film, soulignant sa nature de construction, différente d’une simple réplique de la réalité. Ce sont bien les rapports entre fiction et réalité d’une part, entre architecture et usagers d’autre part qui sont interrogés ici. Les vidéos sont elles-mêmes projetées dans des espaces mis en scène par l’artiste, installations qui soulignent la nature trompeuse du médium et que le spectateur éprouve comme un parcours symbolique : la ville y apparaît comme « scène primordiale » de nos systèmes de symbolisation du monde. Colomer cherche à déstabiliser le spectateur et le place entre ce qu’il sait et ce qu’il veut croire, au point qu’il semble parfois difficile de distinguer le simulacre du réel.
Jordi Colomer a étudié à Barcelone, d’abord l’art à l’École d’art et de dessin, puis l’histoire de l’art à l’Université autonome, et enfin l’architecture à l’École technique supérieure. Si son port d’attache reste la capitale catalane, l’artiste mène différents projets à l’étranger, notamment en France, où il expose régulièrement depuis 2002, ainsi qu’au Chili et en Turquie. Un important catalogue lui a été consacré en 2003, ainsi qu’une exposition rétrospective à la Galerie Nationale du Jeu de Paume à Paris en 2008.

Extrait de la FRAC centre

www.jordicolomer.com

 

Olivier Debré :

Olivier Debré voit le jour à Paris dans une famille de médecins et d’artistes. Il peint et dessine dès l’enfance, puis s’oriente vers une carrière d’architecte. En 1938, il sort diplômé de l’école des Beaux-arts de Paris dans la section architecture. Il décide cependant de se consacrer à la peinture.

Son expression picturale, inspirée au départ de l’impressionnisme, évoluera vers des compositions plus aérées aux larges surfaces colorées, faisant de Debré l’un des représentants de l’abstraction gestuelle. Malgré de nombreux voyages à travers le monde, il reviendra souvent peindre auprès de la Loire, à Vernou-sur-Brenne, près de Tours, dans la propriété des “Madères” où il avait aménagé l’un de ses ateliers.

Dépouillée de toute anecdote, la peinture d’Olivier Debré est une peinture d’espace et de lumière. Les titres qu’il utilise sont l’expression évoquée d’une émotion liée à un moment, à un lieu et incarnée parune ambiance chromatique. Nous sommes par-là très proches du paysage, et déjà dans le paysage dont les limites et l’horizon ont été repoussés par-delà le champ du tableau. Le spectateur se trouve ainsi véritablement au centre d’un immense détail.

Mais il se situe aussi au centre de la peinture à laquelle renvoient les titres faussement anodins. Ils la décrivent en effet, telle qu’elle se présente dans sa matérialité : toute en épaisseurs et en transparences. Elle ne cesse de s’affirmer d’abord comme une surface peinte où s’inscrit le geste. Le phénomène s’accroît avec le format. Tout n’est plus que peinture.
voir la page de l’artiste

 

Peter Downsbrough :

Figure majeure de l’art contemporain, Peter Downsbrough (né en 1940 à New Bunswick, New Jersey) opère depuis le début des années 1970 dans le sillage du minimalisme, au croisement de l’art conceptuel et de l’art concret. Ses nombreuses pratiques artistiques – sculpture, photographie, commande publique, livres, films, pièces sonores, appliquées, lors d’interventions discrètes, à l’espace urbain – sont fondées sur la notion de position et de cadrage, et interrogent le rapport à l’espace et le language. Artiste de la simplicité et du dénuement, il structure l’espace en créant des volumes discrets mais clairement visibles à l’aide d’un vocabulaire plastique épuré, constitué de figures géométriques simples, de lignes, de mots ainsi que de surfaces peintes. La combinaison des éléments linguistiques et géométriques formalise ainsi des espaces structurés induisant une multiplicité de lectures.

Extrait des Presses du réel

 

Larissa Fassler :

Larissa Fassler est née en 1975 à Vancouver (CA). Elle vit et travaille à Berlin.

Si le travail de Larissa Fassler entretient un rapport évident avec l’architecture, il se construit essentiellement sur un ensemble de relevés et d’impressions dont l’artiste fait l’expérience, et qu’elle synthétise dans de grandes compositions graphiques, maquettes ou sculptures.

Son travail est organisé en séries, construites autour de sites urbains spécifiques : Regent Street (London 2009), La Gare du Nord (Paris 2014), Alexanderplatz (Berlin 2006), Kotti (Berlin 2008-2014), Les Halles ou La Place de la Concorde (Paris 2011). Elle explore le seuil entre l’espace et les volumes, la manière dont ils sont investis et exploités.

La Galerie Jérôme Poggi a réalisé deux expositions personnelles de l’artiste en 2011 et en 2016. Son travail a été montré à l’étranger dans de nombreuses expositions au Centre Culturel Canadien (2016), à l’Esker Foundation Contemporary Art Gallery à Calgary (2016), à EPICENTRE (2015) et au SEPTEMBER (2014) de Berlin (2015), à la Kunstraum Kreuzberg de Berlin (2013), à la Kunstverien Kristansand en Norvège (2011), à la Kunsthalle de Dusseldorf (2011), au Today Art Museum de Pekin (2008)…

Plusieurs critiques ont écrits sur son travail dont Anaël Pigeat, Margaret Ewing, Oliver Koerner von Guskorf, Nedo Kito, Dominikus Müller…

Son travail fait partie de plusieurs collections publiques dont le Fonds régional d’art contemporain de la région Auvergne (FRAC), le Fonds municipal d’art contemporain de la Ville de Paris (FMAC), Staatliches Museum Schwerin, Deutsche Bank Collection, FPM collection, Berlin, Viersen National Library of Quebec, Artists book collection, Montreal.

Extrait de la galerie Poggi

http://www.larissafassler.com/startside.html

 

Yona Friedman :

Depuis le début des années 1950, les recherches de Yona Friedman interrogent l’architecture dans son rapport aux autres champs de la culture humaine, tels que les sciences (physique et biologie), l’organisation sociale (l’économie, les structures de groupe) et les arts (l’auto-expression sous toutes ses formes). En 1958, dans un contexte d’urbanisation effrénée et de mutation économique, sociale et culturelle, Friedman publie L’Architecture mobile. La mobilité n’est pas celle du bâtiment, mais celle de l’usager auquel une liberté nouvelle est donnée. L’architecture mobile est donc l’ « habitat décidé par l’habitant » à travers des « infrastructures non déterminées et non déterminantes ». Au concept d’autoconstruction, Friedman préfèrera celui d’autoplanification (Usine Dubonnet, 1975 ; Lycée Bergson, Angers, 1979) : l’usager conçoit lui-même son environnement bâti, base même d’une approche libératoire de l’architecture, ouverte et disponible aux interventions de chacun. Ses Propositions africaines prônent la combinaison de techniques de constructions locales avec une infrastructure moderne et seront mises en application dans les années 1970 dans des pays en voie de développement. Projet manifeste et iconique, la Ville spatiale devra permettre de créer ce nouvel espace social, cette nouvelle harmonie entre les hommes et leur cadre de vie.
Après des études à Budapest puis à Haïfa, Yona Friedman entreprend une première expérience de conception de logements par l’habitant (Haïfa, 1954). En 1956, il expose lors du Xe Congrès International d’Architecture Moderne les principes d’une architecture modulable et autoplannifiée, assurant la « mobilité sociale ». En 1958, il s’installe en France et fonde le Groupe d’Études d’Architecture Mobile (1958-62). Il réalise en 1987 le Museum of Simple Technology (Madras, Inde) selon des principes d’autoconstruction. Reconnu internationalement (Exposition rétrospective au NAI, Rotterdam, 1999 ; Documenta XI, 2002), Yona Friedman est aujourd’hui l’objet d’un vif intérêt de la part du monde artistique (Biennale de Venise 2003 et 2009 ; Musée des beaux-arts et CAPC, Bordeaux, 2008).

Extrait de la FRAC centre

 

Isa Genzken :

Né en 1948, en Allemagne

Vit et travaille à Berlin (Allemagne)

Depuis plus de trente ans, Isa Genzken développe une œuvre aux multiples facettes, incluant une large variété de médiums et d’approches qui la conduit de formes minimales sophistiquées à la profusion d’assemblages hybrides et bricolés.

La relation à l’architecture et au monument occupe une place fondamentale dans son travail. Utilisant très tôt l’ordinateur pour créer ses premières sculptures, elle revient dans les années 1980 à un contact direct avec le matériau, d’abord le plâtre, puis le béton brut, la résine translucide colorée, et enfin le miroir, concevant des formes élancées se référant à l’architecture moderniste. À partir de 1997, son travail d’assemblage, pour partie traduction fantasmée du contexte urbain et social, trouve sa source dans une appropriation Pop d’objets de consommation qui libère formes et couleurs.

Extrait de la Fondation Louis Vuitton

 

Pascal Haüsermann :

Pascal Haüsermann est né le 19 novembre 1936 à Bienne dans le canton de Berne (Suisse) et mort le 1er novembre 2011 à Madras au Tamil Nadu (Inde). C’est un architecte suisse spécialisé dans les maisons bulles et l’architecture organique.

Élève à l’École d’architecture de l’université de Genève, il poursuit ses études à Londres, dans l’ingénierie, jusqu’en 1962.

En 1958, Haüsermann est le premier en Europe à mettre au point pour la construction d’une maison la technique du béton projeté sur armature métallique. En 1959, à 21 ans, il construit pour son père sa première maison en voile de béton, à Grilly (Ain).

Il réalise sa première commande en 1960 à Pougny, et développe sa technique du voile de béton.

En 1966, il adhère au Groupe International d’Architecture Prospective, parmi Michel Ragon, Yona Friedman, Walter Jonas (de), Paul Maymont, Ionel Schein, Georges Patrix et Nicolas Schöffer.

Il fonde en 1971 l’association « Habitat Évolutif », à Douvaine, avec Caude Costy, Jean-Louis Chanéac et Antti Lovag.

Libertaire et humaniste, Pascal Häusermann a accordé beaucoup d’intérêt à l’autoconstruction.

Extrait d’architecture 3d

 

Georg Herold :

Georg Herold est né en 1947 à Iéna, Allemagne. Comme les artistes de l’arte povera ou Joseph Beuys, Georg Herold utilise des matériaux de construction simples comme le bois, la brique, la toile, le verre, les fils électriques mais aussi des miroirs d’eau. Proche d’une démarche conceptuelle, il rejette le concept du sublime et préfère les questionnements sur le langage grâce à des jeux de mots visuels dans ses titres et ses textes. « J’ai l’intention d’atteindre un état qui soit ambigu et permette toute sorte d’interprétations », explique-t-il. Ses œuvres, qui défient l’équilibre autant que l’ordre, rendent compte d’une tension qui fait écho à un processus de création énergique. Aux côtés des artistes allemands Albert Oehlen, Martin Kippenberger, Werner Büttner ou encore Günther Förg, il appartient à une génération d’artistes provocateurs qui s’inscrivent dans le mouvement punk et anti-bourgeois.

Son travail a été présenté à la Punta della Dogana à l’occasion de l’exposition « Untitled, 2020 » (2020).

Extrait de Palazzo Grassi

 

Thomas Huber :

Thomas Huber (né en 1955 à Zurich) est un peintre vivant à Berlin dont la pratique émerge dans les années 1980 sur la scène artistique de Düsseldorf. L’oeuvre de Th. Huber n’a connu que très peu d’évolution stylistique, elle s’est amplifiée, déployée, comme si son art contenait sa propre utopie dès ses premières toiles. On remarque une constance thématique et iconographique qui donne ainsi l’image d’une identité artistique quasi intemporelle. Th. Huber peint de manière très légère, en utilisant peu de matière. Il montre l’idée d’une image, il représente un monde mental avec une sobriété de moyens. Sa manière de peindre est singulière et situe l’artiste à la marge des tendances de son époque. Dans l’oeuvre de Th. Huber, le tableau est fondamental, il est le moyen d’accéder à la fois au monde réel et au monde imaginaire. Par de multiples procédés, le spectateur est situé dans les tableaux. L’artiste l’invite à plonger à l’intérieur de ses toiles. Beaucoup des travaux de Th. Huber se situent dans l’étude de ce passage d’un lieu à un autre, le tableau est cet entre-deux.

Thomas Huber pose la question du tableau comme lieu, comme théâtre de cet évènement par lequelarrive l’image et l’histoire. Il ne croit pas en la peinture mais en l’image. Dans ses toiles, Thomas Huber s’attache à l’abstraction géométique et traverse les primitifs italiens pour questionner l’idée même du tableau. Outre le rapport à la ville, toute l’oeuvre de Thomas Huber explore la fonction de la représentation, que celle-ci soit évoquée par le tableau, la scène de théâtre ou les bâtiments de la ville. Les oeuvres de l’artiste frappent par la lisibilité de chaque forme, leur facture simple, la vivacité de leurs couleurs et l’abondance des figures représentées. De cette simplicité est dissimulée la complexité de signification des images : leur génèse, le pourquoi et le comment de tout geste artistique. Les oeuvres de Thomas Huber ne sont pas isolées, ells sont complétées par le discours que l’artiste. L’image et le mot entretiennent un rapport complexe.

Extrait de la CNAP

 

Rémy Jacquier :

Le travail de l’artiste Rémy Jacquier croise autant le dessin, l’architecture et la sculpture que la musique, la littérature, la philosophie ou encore les sciences naturelles. Son œuvre protéiforme est particulièrement habitée par les phénomènes de transcription : schémas d’oreilles internes transposés en instruments ou en maquettes, œuvres littéraires traduites en signes Braille puis en volumes architecturaux… autant de processus de transformations opérant par glissements d’un langage à un autre, d’une forme à une autre. Chaque volume architectural, instrument de musique, dessin ou partition musicale nait ainsi de la mise en place par l’artiste d’un « système ouvert de production », favorisant une forme de dérive ou d’affolement en quête d’un « point d’équilibre entre chaos et cosmos ». Souvent, Rémy Jacquier décline en série ces variations nées de la répétition, comme autant de trajectoires errantes frayées à partir d’une même origine. Renvoyant autant à l’idée de déplacement et de parcours qu’à celle de rythme, la ligne et le corps s’affirment dès lors comme les éléments fondamentaux d’une démarche marquée à la fois par un aller-retour permanent entre le visible et le sensible – entre optique et haptique – et par une approche performative du dessin. Ni image, ni représentation, celui-ci est envisagé par l’artiste comme la restitution d’une expérience vécue dans l’espace d’une feuille de papier.

Rémy Jacquier (1972, Chambéry) vit et travaille entre Nantes et Angers. Formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Etienne, il enseigne aujourd’hui à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes. L’artiste bénéficie régulièrement d’expositions personnelles ou collectives (Villa Datris en 2015, FRAC Basse-Normandie, Musée des Beaux Arts de Calais et Sainsbury Center for Visual Art Norwich en 2014, Espace de l’art concret en 2013, Festival du Monastier sur Gazeilles en 2012, Domaine de Kerguéhennec et le Centre culturel Louis Vuitton en 2011, L’art dans les chapelles et le Musée des Beaux Arts de Nantes en 2009…) et fait partie de plusieurs collections publiques (Frac Centre-Val de Loire, Frac Auvergne, Frac Midi-Pyrénées, Musée des Beaux Arts de Nantes, Artothèque de Lyon, Artothèque d’Angers…)

Extrait de la FRAC centre

http://remyjacquier.blogspot.com

 

Antti Lovag :

Antti Lovag ne se considère pas comme architecte mais comme « habitologue ». Sa collaboration avec Jacques Couëlle, l’un des premiers architectes à développer en France une architecture organique, le conduit à réaliser, en 1969, le premier prototype d’une « maison-bulle ». A la différence d’une maison traditionnelle, conçue comme un volume à diviser, celle-ci est constituée par la juxtaposition de sphères ouvertes les unes sur les autres. Elle peut s’agrandir, selon les besoins de ses habitants, par la simple adjonction de nouvelles bulles. C’est notamment à partir de voiles de béton projeté sur un certain type de ferraillage ou de ciment armé de fibres qu’Antti Lovag développe des espaces sphériques ou cylindriques. Au delà de leur attrait esthétique, ces recherches véhiculent une éthique del’architecture, dans laquelle l’usager, créateur et constructeur, est maitre de son environnement bâti. Dans les années 1970, il s’associe à Chanéac et Häusermann au sein « d’habitat évolutif » pour promouvoir cette idée d’autoconstruction et propose des cellules à choisir sur catalogue. Il développe des techniques de fabrication d’enveloppes résistantes et fonctionnelles, simples et peu coûteuses, qu’il met à disposition de tous gratuitement. « L’architecture ne m’intéresse pas. C’est l’homme, l’espace humain, qui m’intéressent ; créer une enveloppe autour des besoins de l’homme. Je travaille comme un tailleur, je fais des enveloppes sur mesure. Des enveloppes déformables à volonté » (Antti Lovag).

Né en 1920 en Hongrie, Antti Lovag a étudié la construction navale et la construction mécanique en Suède, avant d’étudier l’architecture en France où il s’installe en 1947, après avoir vécu en Turquie, en Finlande, en Suède et combattu comme aviateur lors de la Seconde Guerre Mondiale. Après des premières recherches dans les années 1950 aux côtés de Jean Prouvé ou Vladimir Bodiansky, il expérimente avec Jacques Couëlle coques et autres « bulles » selon différentes techniques. Il conçoit les maisons pour Antoine Gaudet à Tourrettes-sur-Loup, Pierre Bernard à Port-la-Galère et Pierre Cardin à l’Esquillon selon ce principe. Il vit aujourd’hui à Tourrettes-sur-Loup, dans le premier petit module expérimental qu’il avait construit au début des années 1970.

Extrait de la FRAC centre

 

Eva Nielsen :

Après une maîtrise d’Histoire Européennes et un Deug de Lettres Modernes (Sorbonne), Eva Nielsen est diplômée en 2009 des Beaux Arts de Paris. Lauréate en 2008 d’une bourse Socrate qui lui permet d’étudier à Central Saint Martins à Londres, elle remporte le Prix des Amis des Beaux-Arts/Thaddaeus Ropac (2009), le Prix Art Collector (2014), le Grand Prix de la Tapisserie d’Aubusson (2017), le prix LVMH Métiers d’Arts en 2021, et a participé depuis à plusieurs expositions collectives en France et à l’étranger : MAC VAL, MMOMA (Moscou), l’Abbaye Saint André (Meymac), Musée de Rochechouart, Plataforma Revolver (Lisbonne), LACE (Los Angeles), Babel Art Space (Trondheim), Kunsthal Charlottenborg (Copenhague), Plymouth University (Angleterre).

Son travail a été également présenté lors d’expositions monographiques à Paris (Galerie Jousse Entreprise), Istanbul (The Pill), Tunis et Londres (Selma Feriani) et fait partie de plusieurs collections publiques et privées (MAC VAL, FMAC, Musée de Rochechouart, CNAP, Fondation Fiminco, FRAC Auvergne, Fondation François Schneider…).

Extrait de Jousse Entreprise

https://www.eva-nielsen.com

 

Claire Trotignon :

Claire Trotignon est née en 1985 à Paris où elle vit et travaille actuellement. Diplômée avec mention spéciale de l’École supérieure des beaux-arts de Tours en 2008, Claire Trotignon s’affirme comme l’une des plus talentueuses artistes de sa génération.

Il faut percevoir la pratique du collage chez Claire Trotignon comme une tentative réussie de parler de notre époque, d’en parler autrement. Il y a chez elle une heureuse collision entre des éléments appartenant au passé et des formes visiblement issues du futur. Rien dans ses œuvres ne semble parler de notre présent ni même renvoyer à quelque événement ou mutations de notre culture. Chacun de ses paysages, elle les compose à partir de centaines de fragments de gravures du XIXe siècle qu’elle découpe minutieusement avant de les coller, de les arranger et de les distribuer de façon éparse sur un fond blanc immaculé. Leurs rassemblements façonnent des affleurements rocheux prenant la forme demontagnes, de falaises, ou se réduisant à quelques éléments dénotant d’un lieu sans localisation précise. Et toujours, un arbre, voire un bosquet, vient fixer l’échelle. Autours l’infini, le vide, si présent dans ce blanc qui irradie tout en laissant les choses en suspens. Chez Claire Trotignon, le vide est la base même de la composition et réfute toute forme de pesanteur. Les choses flottent librement, excluant tout horizon clairement défini, voire même une ligne de fuite contraignante. Le cadre apparait dès lors comme une découpe arbitraire.

Comme de véritables pièges pour le regard, ces collages se peuplent d’architectures, ou plus exactement de fantômes de constructions. De séries en séries, elles se sont faites plus abstraites au point de s’incarner tout autant dans les structures archaïques de peuples anciens ou prendre l’évidence minimaliste d’architectures utopiques qu’elle se pare régulièrement de touches d’un bleue intense appliquées au pinceau. Ces arches, ces murs aveugles, ces fosses et esplanades, ces perspectives sans fin évoquent un monde futur en lévitation ou le réel semble avoir perdues toute substance, éparpillé dans les plis du temps et donc de notre imaginaire. Claire Trotignon réaffirme que tout paysage notamment urbain, est avant tout une construction mentale où se cristallise les enjeux de la représentation dans une culture donnée. En jouant avec l’idée d’histoire, de cycle, en convoquant des modes de figuration non occidentaux (on pense notamment aux estampes japonaises), ses collages produisent au final une image ou le passé et le futur semble s’annuler dans les ruines du présent. Car les paysages que composent Claire Trotignon sont évidemment métaphoriques et renvoient aussi à cet éclatement de nos cultures contemporaines.

Extrait de Bernard Chauveau Edition

https://clairetrotignon.tumblr.com

 

Raphaël Zarka :

Né en 1977 en France, Raphaël Zarka vit et travaille en France.

Raphaël Zarka s’exprime par la photographie, le dessin, la sculpture ou la vidéo. Sa démarche fait référence à la science, l’industrie, la philosophie, à la recherche perpétuelle de nouvelles trajectoires. De trajectoires, il en est question puisque l’artiste interroge la pratique du skateboard dans l’espace public.

Pour la série Riding Modern Art, Raphaël Zarka a assemblé un portfolio impressionnant, constitué de 52 photographies montrant comment les sculptures d’artistes tels que Pablo Picasso ou Richard Serra peuvent être transformées en half-pipes illicites ou en rampes de skate improvisés.

Raphaël Zarka a été exposé dans les plus grands musées : Tate Modern (Londres), Centre Pompidou Metz, Palais de Tokyo (Paris)… Son travail est présent dans de prestigieuses collections comme le Centre Georges-Pompidou (Paris) ou le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Extrait de la CNAP

https://raphaelzarka.com

Le trait, la ligne, le mouvement, les gestes qui composent et recomposent pour dessiner une trajectoire, tout dans l’œuvre graphique, picturale et sculptée d’Olivier Debré se rapporte à la notion architecturale de structure.

Lorsque l’artiste construit ses tableaux, il regarde comme un architecte. Cette exposition a comme ambition de rassembler autour de la figure d’Olivier Debré, des créateurs qui, jusqu’à aujourd’hui encore, ont façonné la pensée de leur travail autour de fondements et de principes liés à la discipline de l’architecture.

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