upadhyay hema

 

1972, Baroda (Inde) – 2015, Mumbai (Inde).

En résidence à l’Atelier Calder de septembre 2010 à janvier 2011.

 

Hema Upadhyay faisait partie d’une génération d’artistes indiens apparue dans les années 1990, en pleine période de transition économique de l’Inde vers la mondialisation. En prise avec les profondes mutations de leur pays, ces artistes ont contribué à l’émergence d’un art contemporain indien prenant ses distances avec la tradition pour être davantage à l’écoute du réel.

 

Travaillant avec des techniques aussi variées que la peinture, le dessin, la photographie ou l’installation, Hema Upadhyay a été révélée sur la scène internationale au début des années 2000. Son travail a notamment été présenté à Singapour au Tyler Print Institute (2008), au MACRO Musée d’art contemporain de Rome (2009) ou encore à Paris au Centre Pompidou où elle participa à l’exposition collective « Paris- Bombay-Delhi » (2011).

 

Décédée prématurément en 2015, l’artiste portait un intérêt particulier aux dynamiques de migration et de flux démographiques. Ces problématiques liées à l’histoire collective de l’Inde résonnaient aussi plus intimement pour Hema Upadhyay. Issue d’une famille pakistanaise émigrée en Inde lors de la partition des deux pays, elle a dû elle-même apprivoiser l’échelle gigantesque de Mumbai après avoir vécu et mené ses études dans une plus petite agglomération. La plus grande mégalopole indienne a dès lors constitué une source d’inspiration récurrente pour l’artiste, qui s’est fait connaître avec de grandes installations liées à certains quartiers de Mumbai comme le bidonville de Dharavi (considéré comme une véritable « ville dans la ville », Dharavi est le deuxième plus grand bidonville d’Asie) .

 

Ces oeuvres se déploient comme de grandes maquettes restituant le développement organique des paysages urbains en expansion constante, faits de vie et de chaos, d’évolution et de destruction, d’invention et de précarité. En immergeant le spectateur dans des espaces saturés de minuscules habitations multicolores, l’artiste interrogeait la nature du regard extérieur, voyeuriste et surplombant habituellement porté sur les pays en développement.

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