Debré 1990 : les peintures potentielles
En 2018, l’exposition « Les Nymphéas d’Olivier Debré » avait permis de rassembler au CCC OD six des plus grandes toiles jamais produites par l’artiste en 1990-1991.
Aujourd’hui le centre d’art souhaite explorer ces oeuvres créées au bord de la Loire en les recontextualisant plus largement parmi d’autres éléments créés à la même période (1990- 1995), mais présentant des proportions bien différentes. Car si l’on pense volontiers connaître Olivier Debré pour le gigantisme de ses formats, on oublie bien vite qu’il fut aussi un infatigable explorateur sondant aussi les possibilités de sa gestuelle au sein de très petites compositions. Il suffit par exemple de penser au timbre (3,6 x 4,8 cm), commandé par le Ministère des Postes en 1992 et édité en 1993, ou encore à ses petites toiles de voyage que l’on découvre presque comme on feuillèterait un carnet de croquis.
Debré ne fut pas seulement un peintre de grandes peintures abstraites ; la complexité de son travail est considérable, ainsi que ses singularités. Il en est ainsi de ses toiles les plus petites, minuscules parfois, qui nous disent beaucoup sur le processus de création de l’artiste et sur sa façon de composer, mais qui sont aussi plus efficaces d’un point de vue expérimental, le risque à prendre étant logiquement moins grand inscrit sur une toile de vingt centimètres que sur une autre de neuf mètres. Comme avec la maquette ou le prototype, la démultiplication des possibles est plus aisée à entreprendre.
Examiner sa production sur une très courte durée (1990-1995) rend compte de la coexistence à une période donnée de nombreuses tentatives plastiques concomitantes et pourtant fondamentalement dissemblables du point de vue de la démarche compositionnelle. Ces tentatives de s’éloigner de la composition typique de Loire – un grand courant oblique dévalant la toile – sont souvent très réussies et convaincantes – les scansions verticales notamment – ; l’artiste pour autant ne résiste pas et revient toujours, encore et encore, au principe de composition oblique, qu’il estime certainement comme le plus homogène et dynamique.
olivier debré
(1920 – 1999)
Depuis la fin de l’année 2016, l’intégralité des oeuvres de la Donation Debré, faite à Tours Métropole Val de Loire par les ayants droit de l’artiste, a rejoint le CCC OD.
Olivier Debré voit le jour à Paris dans une famille de médecins et d’artistes. Il peint et dessine dès l’enfance, puis s’oriente vers une carrière d’architecte. En 1938, il sort diplômé de l’école des Beaux-arts de Paris dans la section architecture. Il décide cependant de se consacrer à la peinture.
Son expression picturale, inspirée au départ de l’impressionnisme, évoluera vers des compositions plus aérées aux larges surfaces colorées, faisant de Debré l’un des représentants de l’abstraction gestuelle. Malgré de nombreux voyages à travers le monde, il reviendra souvent peindre auprès de la Loire, à Vernou-sur-Brenne, près de Tours, dans la propriété des “Madères” où il avait aménagé l’un de ses ateliers.
Dépouillée de toute anecdote, la peinture d’Olivier Debré est une peinture d’espace et de lumière. Les titres qu’il utilise sont l’expression évoquée d’une émotion liée à un moment, à un lieu et incarnée par une ambiance chromatique. Nous sommes par-là très proches du paysage, et déjà dans le paysage dont les limites et l’horizon ont été repoussés par-delà le champ du tableau. Le spectateur se trouve ainsi véritablement au centre d’un immense détail.
Mais il se situe aussi au centre de la peinture à laquelle renvoient les titres faussement anodins. Ils la décrivent en effet, telle qu’elle se présente dans sa matérialité : toute en épaisseurs et en transparences. Elle ne cesse de s’affirmer d’abord comme une surface peinte où s’inscrit le geste. Le phénomène s’accroît avec le format. Tout n’est plus que peinture.
En 2018, l’exposition « Les Nymphéas d’Olivier Debré » avait permis de rassembler au CCC OD six des plus grandes toiles jamais produites par l’artiste en 1990-1991.
Aujourd’hui le centre d’art souhaite explorer ces oeuvres créées au bord de la Loire en les recontextualisant plus largement parmi d’autres éléments créés à la même période (1990- 1995), mais présentant des proportions bien différentes. Car si l’on pense volontiers connaître Olivier Debré pour le gigantisme de ses formats, on oublie bien vite qu’il fut aussi un infatigable explorateur sondant aussi les possibilités de sa gestuelle au sein de très petites compositions. Il suffit par exemple de penser au timbre (3,6 x 4,8 cm), commandé par le Ministère des Postes en 1992 et édité en 1993, ou encore à ses petites toiles de voyage que l’on découvre presque comme on feuillèterait un carnet de croquis.
Debré ne fut pas seulement un peintre de grandes peintures abstraites ; la complexité de son travail est considérable, ainsi que ses singularités. Il en est ainsi de ses toiles les plus petites, minuscules parfois, qui nous disent beaucoup sur le processus de création de l’artiste et sur sa façon de composer, mais qui sont aussi plus efficaces d’un point de vue expérimental, le risque à prendre étant logiquement moins grand inscrit sur une toile de vingt centimètres que sur une autre de neuf mètres. Comme avec la maquette ou le prototype, la démultiplication des possibles est plus aisée à entreprendre.
Examiner sa production sur une très courte durée (1990-1995) rend compte de la coexistence à une période donnée de nombreuses tentatives plastiques concomitantes et pourtant fondamentalement dissemblables du point de vue de la démarche compositionnelle. Ces tentatives de s’éloigner de la composition typique de Loire – un grand courant oblique dévalant la toile – sont souvent très réussies et convaincantes – les scansions verticales notamment – ; l’artiste pour autant ne résiste pas et revient toujours, encore et encore, au principe de composition oblique, qu’il estime certainement comme le plus homogène et dynamique.




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